Champart Mas

Ses cuvées

MAS CHAMPART

LE CHARME DISCRET DE LA PAYSANNERIE

La voix posée, calme et sereine d'Isabelle ne reflète pas sa nature volontaire et passionnée. Totalement impliquée dans la vie du domaine (particulièrement dans les vinifications), cette vigneronne travailleuse, curieuse, ouverte et attentive, est tout le contraire d'une "m'as-tu-vue". Mathieu, un rien abrupt de prime abord, a du mal à cacher sa gentillesse. Car les Champart sont foncièrement généreux : ils rendent service à qui le mérite (par son travail et sa modestie) sans se mettre en avant et sans attendre un bénéfice en retour.

Installés en 1976 sur huit hectares de vignes morcelées et en mauvais état à proximité de St Chinian, les deux estrangers n'avaient pas forcément la fibre vigneronne. La parisienne et l'éleveur du sud champagne se voyaient plutôt au milieu des veaux, des amandiers, abricotiers et autres fruitiers. Mais le conseil "amical" de la banque au bon sens était sans appel : faites de la vigne ou ne caressez pas l'espoir d'emprunter !

Alors Isabelle a trouvé un boulot pour faire "bouillir la marmite" et Mathieu a retroussé ses manches. Ils ont d'abord appris à aimer la vigne, en autodidactes bosseurs, têtus et avides de connaissance. La vendange partait à la coopé. et Mathieu faisait en sorte d'avoir les meilleurs raisins possibles.

Il leur a fallu dix ans d'échanges, d'achats, d'arrachages et replantations pour constituer un domaine viable. En 1985, Isabelle cesse son travail alimentaire et 1988 marque le grand saut de la première vinification dans des remises exigues et dispersées, louées pour l'occasion.

Aligner vingt-sept millésimes, voilà qui n'est pas si courant dans notre région ! Et les Champart n'ont eu de cesse de construire leurs vins, sans brûler les étapes, privilégiant l'idée qu'il se font de leurs terroirs et des vins qu'ils aiment. Parce que s'ils "n'y connaissaient rien" au départ, ils ont appris à regarder, écouter, goûter, voyager et à se remettre en cause.

Une fois de plus les vins ressemblent à leurs géniteurs. La cave, construite en 1995 avec le souci de l'intègrer au paysage, ne donne pas dans la démesure ni dans la débauche de technologie. L'égo des Champarts ne nécessite pas l'achat du pressoir dernier-cri ou du tracteur 120 chevaux. Ces vignerons là ne sont pas modestes : ils ont de l'humilité. Celle d'écouter leur terroir et de vinifier des vins qui "donnent" plus qu'ils ne "promettent".

Alors bien-sûr, ils ne sortent pas en tête des dégustations où ils voisinent avec les bêtes à concours. Mais sur la durée d'un repas, autour de bons plats concoctés avec de bons produits, leurs cuvées s'affirment et prennent une réelle dimension d'harmonie avec les mets.

Les St Chinian "Causse du Bousquet" (dominante de Syrah élevée 1 an) et "Clos de la Simonette" (essentiellement Mourvèdre avec un élevage de 18 mois), sont des rouges complexes et de garde, aux tannins serrés mais d'une extrême finesse. "Côte d'Arbo" est le rouge tendre de la gamme avec une bonne proportion de vieux carignan : mais tendre chez Champart, ne saurait rimer avec dilué. Ce vin ne craint pas la côte d'agneau ni la brochette marinée et relevée d'épices.

Le blanc (Roussanne, Marsanne et Bourboulenc) est un des plus frais et élégants de l'appellation, compagnon idéal des loups au fenouil et daurades, encore qu'une langouste ou un homard grillé, avec juste ce qu'il faut d'épice douces, ne sauraient le dérouter.
Un rosé clair et friand complète cette belle gamme "classique et ciselée".

Si le terme authenticité n'était aussi galvaudé, on l'appliquerait aux Champart, sans restriction.
Préférons lui le qualificatif de paysans éclairés.