Gazette

Labels, suite et pas fin

Encore un label ! En direct de l'excellente lettre d'information du site VITISPHERE, on apprend que 30% des français déclareraient connaître le label "zéro résidus de pesticides" (ZRP) créé voici trois ans par un collectif de producteurs (surtout des grosses structures). Le mouvement qui concernait à l'origine essentiellement les fruits et légumes, s'étend aujourd'hui à d'autres secteurs dont le vin. Mais à la différence du bio, l'utilisation de pesticides par le producteur "en cas d'urgence" ne fait perdre le label que sur une année et seulement pour la partie de production qui présenterait des résidus après utilisation de ces produits. Alors, il est vrai que ZRP offre des avantages : origine France garantie, engagement de réduction des pesticides et des emballages, utilisation de variétés résistantes, d'auxilliaires des cultures...Mais il soulève de nombreuses questions des producteurs bio : zéro résidus signifie en fait pas de résidus détectables à l'analyse (limite technique des instruments de mesure) et pour une liste de matières actives...non publiée.
Le label bio implique une obligation de moyens pour abandonner les produits de synthèse, une durée de conversion de trois ans et la perte du label en cas d'utilisation de produits non autorisés (avec à nouveau trois années de "purgatoire" pour le reconquérir). Le label ZRP oblige à des résultats mais n'impose pas de moyens : c'est toute la production, ou seulement une partie qui "passe" le label, et pas forcément tous les ans. Certes, on peut imaginer que les producteurs qui s'engagent dans cette voie sont sensibilisés aux risques que les produits chimiques font peser sur la santé et l'environnement; mais leurs marchandises n'offrent en aucun cas les mêmes vertus que les articles labellisés bio ou biodynamie. Le bio est à la mode, les labels font vendre. La grande distribution en est friande et elle n'hésite pas à garnir les rayons de produits "à bonne marge". Et en se souciant rarement de la proximité de production. Alors, ZRP, c'est mieux que rien, à priori plus honnête que le "greenwashing" des multinationales, mais ça n'est pas du bio de proximité.

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