Gazette

Année noire

Il n'est pas prématuré d'annoncer que 2021 sera un millésime mémorable. Hélas, ni par son abondance (on annonce 1/3 de récolte en moins par rapport à 2020), ni par sa qualité, même si un travail acharné et un tri draconien peuvent engendrer des réussites ponctuelles. Après le terrible gel de printemps, la quasi totalité des régions viticoles de France a connu un été "pourri" avec une pluviométrie régulière qui a entretenu une forte pression de mildiou. Pas mal d'épisodes de grêle aussi, histoire de "racler" un peu plus les grains rescapés. De violents incendies en Provence, Rhône sud et Aude ont affecté le vignoble, soit en grillant directement les ceps soit en enfumant les grappes ce qui conduirait inévitablement à des vins au goût "tourbé" (humour noir-charbon). La situation évoquait déjà quelques unes des plaies d'Egypte, il manquait les sauterelles mais, banco, les criquets ont envahi et défolié desdizaines d'hectares de vignes dans le Vaucluse !!! Et comme il restait encore un peu de grains à percer, l'élégante pyrale du Daphné qui sévit en Corse depuis quelques temps a gagné certains secteurs de l'Aude, de l'Hérault et du Gard. Voilà pour le tableau apocalyptique; un brin d'optimisme tout de même : le Languedoc est la région qui devrait s'en sortir le moins mal puisque l'été n'a pas connu de sécheresse et que, en dépit du mildiou, l'état sanitaire des raisins est très satisfaisant chez les vignerons soigneux. A ce jour (3 septembre), peu de raisins sont encore rentrés en cave, les nuits fraîches induisant une maturité plus lente, gage de beaux équilibres dans les vins. Une (des rares) occasion de se réjouir. Et nous savons d'ores et déjà qu'il faudra moins boire et pour (un peu ?) plus cher en 2022 et plus encore 2023 ! C'est à se demander si le climat ne se dérèglerait pas un peu...

Retour